La joaillerie à travers les siècles

La joaillerie à travers les siècles

par Jean-Jacques Richard

Bijou Tiffany's 1895
Bijou Tiffany’s 1895

Symboles de faste et indissociables des têtes couronnées et des milieux privilégiés, les bijoux ont toujours été omniprésent dans la culture féminine depuis la préhistoire. Les premiers bijoux furent en os et n’ont jamais cessé d’évoluer au fil des découvertes de nouveaux matériaux, du développement des techniques et des changements de styles.

« Comment ont évolué les bijoux du 17e au début du 20e siècle ? » C’est la question que nous nous sommes posé au blog. A l’instar des robes luxueuses, des voitures et des bals, les bijoux sont aussi présents dans la romance historique. C’est la raison pour laquelle nous avons cherché à en apprendre davantage.

Jean-Jacques Richard, une figure du milieu de la joaillerie  tient actuellement un blog sur la thématique des bijoux et nous régale avec ses informations historiques. Il s’est bien volontiers prêté au jeu des  questions pour le blog…

 

 

dscf0037  PORTRAIT Jean-Jacques Richard

Formé à l’école du Louvre, Jean-Jacques Richard est un ancien Maître artisan fabricant, créateur de bijoux, basé à Rouen. Il fut aussi président de la FNAMAC (Fédération Nationale des artisans métiers d’art de la bijouterie Joaillerie et des métiers qui s’y rattachent), assesseur auprès des Douanes et et expert judiciaire en Gemmologie Bijouterie et Joaillerie auprès de la Cour d’Appel de Rouen.

Bien que passionné d’Archéologie et de hockey sur glace(Trésorier fondateur du  RHC de Rouen), la joaillerie reste sa passion première. Il tient aujourd’hui un blog sur cette thématique étayé de nombreux articles sur l’histoire de la joaillerie, notamment sur Van Cleef & Arpels (https://histoiredesvancleefetdesarpels.blogspot.fr/) et de conseils.

Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages.

Des personnalités étrangères le consultent régulièrement sur des points historiques, à l’instar d’Anne Seba, journaliste à la BBC et chez  Reuters, ou encore Lucette Lagnado du Wall Street journal, Pierre assouline , etc.

Atelier - Source jean-Jacques Richard

Plus d’infos :

www.richardjeanjacques.blogspot.fr

http://histoiredesvancleefetdesarpels.blogspot.com

Livres :

« Georges Le Turcq » un grand joaillier Art nouveau Français. En vente chez « Amazon »

« Renée Rachel Van Cleef  » l’Oubliée de la place Vendôme.  En vente chez « Amazon »

« Histoire de Van Cleef et des Arpels »  En vente chez « Amazon »

In the Mood for Love : Les techniques de joailleries ont-elles beaucoup évolué entre le 17e siècle et le début 20e ? Si oui, dans quelle mesure ?

 

Atlerier - Source : Jean-Jacques Richard
Atlerier – Source : Jean-Jacques Richard

Non les techniques n’ont pas évolué entre le 17e et début du 20e siècle et quand j ai commencé a travailler dans les années 60, les premières fontes sous pression venaient d apparaître. Les moules et les techniques de moulage ont toujours existé, la cire perdue est un procédé dans lequel le métal en fusion vient remplacer, en le faisant fondre, un modèle en cire placé dans un moule. Mais cette méthode était connue au moins depuis le IVe millénaire av. J.C.. On a retrouvé à Nahal Mishmar, en Palestine, des objets en cuivre faits à la cire perdue datant de cette époque.

Au début du 20e siècle on utilisait toujours l’os de seiche pour faire des reproductions ou des créations , la chevalière par exemple. On utilisait des moules, mais en sable. Désormais Le moule est l’empreinte de la maquette. Il est réalisé en caoutchouc ou en silicone.

Autrefois les orfèvres exécutaient un dessin, puis ils faisaient un modèle réalisé en métal.

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Planche Bijoux  Légaré

Depuis quelques années les joailliers travaillent la « cire » et réalisent leur futures pièces en cire puis a partir d’ un moule en silicone. Ils pourront reproduire de nombreuses fois cette première cire à partir du moule. Actuellement le bijou est conçu sur papier, puis sur ordinateur avec un logiciel en trois dimensions et cette maquette virtuelle sera transférée à une imprimante 3D qui par micro couches successives de cire fabriquera la maquette du bijou, mais c’est une technique très récente.

L’électricité a beaucoup apporté à nos techniques de travail, l’éclairage des ateliers par exemple, au début du 20e siècle pour un établi de trois personnes une seule lampe se reflétait dans des « boules de Joaillier » appelées aussi des boules de dentellière.

Atelier d'orfèvre - Jean-Jacques Richard
Atelier d’orfèvre – Jean-Jacques Richard

Atelier d’orfèvre – Jean-Jacques Richard

C’étaient de grandes boules en verre, j’en ai connues de « soufflées » remplies d’eau de pluie (plus l’eau était vieille et meilleure était la lumière),autant de boules que de personnes sur l’établi, au milieu, entre les boules, une lumière (autrefois , bougie ou lampe à huile). La boule diffusait sur la « place » une lumière étrangement douce. Mais de jour, près d’une fenêtre elle faisait office de loupe et concentrait aussi la lumière. Il fallait simplement la déplacer plus ou moins en hauteur. De nos jours des éclairages électriques perfectionnés les ont remplacées.

Depuis des siècles sans moteur électrique on perçait avec un « drille » , cet ensemble composé d’une tige d’acier travaillant verticalement, d’un porte foret situé en bas de la tige, d’un volant placé un peu plus haut et, légèrement au-dessus, d’un bras horizontal. Celui-ci, tourné et percé, coulisse le long de la tige d’acier. Ses deux extrémités sont reliées par une corde en boyau ou peau d’anguille qui traverse la tige percée à son sommet. Lorsque le volant est lancé, le bras monte et descend, la corde s’enroulant et se déroulant autour de l’axe d’acier. L’ensemble est maintenu souplement par la main dont les doigts s’agitent comme en un mouvement d’adieu. De même que sur l’archet, la taille des angles d’attaque du foret sont à double effet.

Atelier - source Jean-Jacques Richard
Atelier – source Jean-Jacques Richard

En première année à l école du Louvre en 59-1960, nous ne nous pouvions nous servir que de cet outil, en 2e année nous pouvions nous servir d’ une perceuse a flexible, mais les pièces à main étaient fixes et ne pouvaient que percer ou fraiser. Désormais, la vitesse a augmenté car nous avons beaucoup emprunté à la technique dentaire en avance sur nous, la qualité des mèches, des fraises, est surprenante comparé a 1920 et maintenant, nous pouvons changer l extrémité du flexible (autrefois fixe) et adjoindre diverses pièces a main comme des marteleuses, idéales pour les travaux de sertis et autres.

Les chalumeaux étaient à bouche, nous devions souffler dans une pipette reliée à un tube de caoutchouc pour attiser et darder la flamme. Le soufflet à pied et l’air comprimé ont remplacé le chalumeau à bouche qui faisait ressembler le bijoutier à un souffleur de verre.

Puis vint le chalumeau oxhydrique qui nous permit de travailler le platine car on pouvait enfin arriver à dégager 2000° puisque le platine fond à 1769°C. Il y a aussi le Micro-dard qui permet de faire des flammes grosses comme des têtes d’épingles Principe basé sur la décomposition de l’eau entre l’hydrogène et l oxygène. Mais le nec plus ultra désormais est le poste de soudure laser qui permet une très grande précision, la possibilité de souder une griffe sans dessertir entres autres exemples. On se sert d’un laser pour combler les trous d’une fonte sous pression, en fondant un apport de métal sans soudure , donc sans traces.

Ce qui aurait le plus évolué en 3 siècles, c’est « le dessin » mais c’est  le bijou qui a suivi les modes.

In the Mood for Love :  Quels sont pour vous les 3 joailliers les plus remarquables de chaque siècle (17e, 18e, 19e, début 20e) ?

Au 16e et 17e siècle le maître d’œuvre de nos métiers était l’orfèvre et ils fabriquaient plus d’orfèvrerie que de bijoux. Donc au 16e je dirais Benvenutto Cellini, de par ses dessins, car il ne reste qu’une salière de lui, mais quelle salière….

Saliere de Cellini Benvenuto
Saliere de Cellini Benvenuto

 

Autres types de créations d’un bijoutier :

 

Boîte à bijoux Napoléon III
Boîte à bijoux Napoléon III réalisé par un bijoutier
Oeuf Fabergé
Oeuf Fabergé réalisé par un bijoutier
Chatelaine
Chatelaine réalisée par un bijoutier
Bijou cheveux
Bijou cheveux réalisé par un bijoutier

Au XVIIe siècle

Je ne puis trancher et je vous répondrais que je mets a égalité René Boyvin, Gilles Ligari dit aussi Legaré.

Alex Henry Grouvelle, Samuel Hebert, Pierre de Montarcy.

Dessin d'aiguières par René Boyvin
Dessin d’aiguières par René Boyvin

Au XVIIIe

C’est encore plus difficile d’éliminer, donc je proposerais Ange Joseph Aubert : fournisseur de la Du barry de Louis XVI de Marie Antoinette.

Pierre Germain, Boehmer et Bassange , qui avait fabriqué le fameux Collier de la Reine, Gerard Debèche, Drais et Ouizille, Jacquemin (qui fabriqua la Toison d’or), Lazare Duvaux.

Bague en or rose Ange Joseph Aubert
Bague en or rose Ange Joseph Aubert
Le collier de la reine - Boehmer et Bassange
Le collier de la reine – Boehmer et Bassange
La toison d'or de Louis XV
La toison d’or de Louis XV
Boîte à bijoux Pierre Sorin
Boîte à bijoux Pierre Sorin

 


Au XIXe siècle

Mellerio, Alfonse Fouquet, Eugene Fontenay, Fortunato Castellani, Oscar Massin, Nitot, Lucien Falize, Cartier, Boucheron, Mauboussin, Lacloche, Vever,  Bapst, Lalique, Chaumet.

Diadème chaumet - 1890
Diadème chaumet – 1890
Mellerio
Mellerio

Au XXe siècle

Boucheron, Cartier, Van Cleef et Arpels et j ajouterais : Jean Vendome.

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Alphonse Auger
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Frédéric Boucheron
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Bureau de Louis Cartier
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Louis Cartier

In the Mood for Love : Quelles sont les grandes variantes de style de chaque siècle ? (goût pour les motifs floraux, les nœuds, etc.)

Tout d’abord, les hommes portaient plus de bijoux que les femmes, au XVIe siècle, Une femme recevait un trousseau qui lui durait toute sa vie, robes et bijoux compris….mais la vie était plus courte.

Les Bijoux étaient portés par de riches personnes, il en reste peu de ces époques, mais nous pouvons regarder les tableaux des musées et nous faire une idée .

Les bracelets étaient peu portés avant le XVIIIe

Les hommes et femmes nobles ou riches portent des bagues a tous les doigts, ils en cousent sur les manches, le poitrail, les chapeaux, rappelez vous le Chapeau de Louis XI. Ce sont surtout des cabochons ou des camées.

Au XVIIe

La taille des pierres précieuses a fait des progrès, donc exit les camées et cabochons, les bijoux émaillés, c’est l apparition de fleurs avec de nombreuses petites pierres en pavage, ou en « marguerite ».

Le collier est peu porté comparativement aux autres bijoux.

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A la fin du XVIIe une grande vogue des petits bouquets , même en bague, c’est la bague « Giardinetti ».

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pendentif-chez-joaillerie-expert-16e

Au XVIIIe

Peu de bagues, mais le grand chic, c’est la bague « Marquise », puis la bague « Marguerite » qu’on appellera la bague « a entourage ».

Bague marquise
Bague marquise

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Assemblage de pierres façon Pompadour
Assemblage de pierres façon Pompadour

Les broches deviennent un élément important de la parure et si à partir de cette époque on fabriquera beaucoup de broches nœuds, rien n’égalera les grands nœuds symétriques de cette époque, les broches à la « Sévigné ».

Bijoux 18e
Bijoux 18e
Bijoux 18e
Bijoux 18e
Bijoux 18e
Bijoux 18e

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Bijoux 18e ayant appartenu à Catherine II de Russie

On extrait de l Asie ou de l Amérique du Sud de plus en plus de pierres précieuses

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Les bracelets reviennent à la mode avec des camées et des pierres, ou bien des bracelets avec plusieurs rangs de perles et de beaux fermoirs

Bijoux 18e
Bijoux 18e

Les colliers sont portés en « sautoir «  c’est a dire en travers de l’épaule.



Au XIXe siècle

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la tiare Fife attribuée à Oscar Massin

La bague perd ses multiples significations symboliques, reste la bague de mariage, Jusque là, on ne faisait pas de différence entre la bague de fiançailles et celle de mariage.  Mais apparaît l’alliance qu’on offre au mariage.

Orscar Massin va inventer le premier le chaton Illusion, pour agrandir les pierres, belle invention sur du bijou neuf mais rapidement encrassé.

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Parure de la reine Marie Amélie

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Collier fin XIXe siècle – Source : Jean-Jacques Richard

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Broche Napoléon 1er

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Broche fin 19e

« Tiffany », le grand joaillier américain va créer le chaton à six griffes, que beaucoup appellent a tort le chaton « Cartier ».

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Source : Jean-Jacques Richard

Le bracelet est en vogue, néo renaissance , néo gothiques les femmes portent plusieurs bracelets au bras , bracelets d or avec motifs floraux sertis de pierres précieuses mais aussi beaucoup d’émail,

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Louise de Bulgarie

 

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De nombreux motifs floraux et surtout les « trembleuses «  des fleurs pavées de diamants qui grâçe a un systeme de ressort bougent sans arret.

Avec Napoleon III revient la vogue des camées et à la fin du siècle les broches du styles guirlandes magnifiées par Cartier.

Camée - Source : jean-Jacques Richard
Camée – Source : jean-Jacques Richard

Les colliers « en esclavage » surtout dans certaines provinces, le sautoir, le collier guirlande , draperie.

Collier en esclavage
Collier en esclavage
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Les chockers de la Reine Mary
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La Reine Mary d’Angleterre
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La reine de Roumanie

Vient l’art nouveau, il ne sera pas produit beaucoup de bracelets mais il reste de cette époque le bracelet extraordinaire de Sarah Bernhardt dessiné par Mucha et fabriqué par Fouquet.

Le plus en vogue à cette époque est le bracelet Serpent.

Mucha
Mucha

Pour les broches ce sont les camées qui l’ emportent au début du siècle mais très vite un engouement extraordinaire pour les broches oiseaux, papillons, beaucoup de libellules même des insectes sont sertis au milieu de bijoux magnifiques.

Eugène Grasset - Source : jean-jacques Richard
Eugène Grasset – Source : jean-jacques Richard
Mucha
Mucha
Bijoux Lalique
Bijoux Lalique

Au XXe

Alternance selon les dizaines(d’années) entre les bagues à chatons et les bagues chevalières ou bagues joncs

La plupart des bagues de séries continuent à imiter les styles du XIXe.

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Collier « belle époque » Source-alain-truong

En revanche beaucoup de bracelets avec le nouveau style Art Déco, des objets très architecturés.

bijoux

Après guerre, le bracelet Tank de Cartier inspirera beaucoup de Joailliers.

Avec l’ art déco ce sont des broches géométriques qui sous l égide de l union des artistes modernes vont devenir des sculptures.

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1965 marquera la fin de la mode des broches et de nos jours peu de broches sont fabriquées

Les colliers sont surtout des chaînes, mais les grands de la place Vendôme en ont fabriqué de merveilleux colliers pour leur clientèle fortunée.

Ostertag
Ostertag

 Bijou cartier

Bijou cartier

Aigrette Chaumet
Aigrette Chaumet

 

In the Mood for Love : Quelles sont les pierres préférées des clients de ces époques ? Y-a-t-il eu une mode diamant, une mode perle, une mode rubis… ?

Les modes tiennent plus des moyens d’approvisionnement que des préférences des clients.

La France n’a pas de gisements de pierres précieuses, en revanche, avant la pollution, certains mollusques produisaient de belles perles. L impératrice Eugénie reçut un très beau collier de perles de extraites de « Mulettes » dont le nom savant est « margaritana margaritifera », mollusque d’environ 11 centimètres de long sur 5 qui peut vivre entre 80 et 100 ans.

Diadème de l'impératrice Eugénie
Diadème de l’impératrice Eugénie

D autres rivières du Sud Ouest produisaient des perles.

Les diamants au XVIe venaient des mines de Golconde dans ce qui est maintenant l’Andhra Pradesh, en Inde central. Longtemps le trait d’union entre l’orient et l’Europe furent les marchands de Venise. Les diamants étaient acheminés par voie terrestre jusqu’à Constantinople et Venise avait le monopole du diamant du XIIIe au XVe siècle,  puis Vasco de Gama en 1498  ouvre une ligne directe avec les Indes, petit à petit le Marché se déplace vers Lisbonne.

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La couronne d’Angleterre

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La briolette des indes disparues pendant plusieurs siècles

C’est parce que le Pape avait arbitré en 1493 le conflit qui opposait l’Espagne au Portugal dans la conquête du nouveau monde et délimité les zones dont chacune des deux grandes puissances chrétiennes pouvait se prévaloir. Il avait ainsi par avance donné force de loi au décret du 8 février 1730 qui fit de la couronne portugaise le propriétaire des mines de diamant au Brésil.
La Couronne et c’est important pour la suite, se réserva le monopole du transport, il fut interdit pour exporter des diamants en Europe d’utiliser d’autres navires que ceux du Roi.

Donc la France avait du mal à s’approvisionner à bon prix, et ce fut plus facile avec les saphirs et les rubis ou les émeraudes qui venaient des Indes ou de Ceylan.

Mais je ne crois pas qu’il y eut des modes pour les pierres précieuses, c’est surtout une question de prix et de qualité.

In the Mood for Love : Quelle place tenait la joaillerie dans la société à cette (ces) époque (s) ?

Il faut distinguer Paris de la province, Paris est le centre de la fabrication française depuis le XIIe siècle.

Ces métiers avaient une place importante dans la société , et les Joailliers avaient le droit de porter l’épée.

Jusqu’à la Première Guerre mondiale, la presque-totalité des objets de bijouterie, d’orfèvrerie et de joaillerie produits en France provient de Paris. Ils sont fabriqués dans de petits ateliers au cœur du vieux Paris de la rive droite, notamment le troisième arrondissement. Les fabricants parisiens sont surtout renommés pour leur artisanat de luxe qu’ils exportent en quantité importante. C’est le second empire qui va permettre a la bijouterie, joaillerie et orfèvrerie françaises de se développer. Les joailliers, bijoutiers et orfèvres bénéficient de la prospérité économique et du soutien de Napoléon III à l’ensemble des métiers d’art. L ‘organisation de l’Exposition universelle de 1867 va permettre à la profession de se surpasser on a parlé de nouvel âge d’or pour le commerce de luxe , et la chute de Napoléon III n’arrêtera pas cet essor.

Depuis les choses ont beaucoup changé, la perte de la religiosité a détruit nombre de marché, les communions ne sont plus l’événement de la jeunesse alors que c’était une occasion de renouveler les gardes robes mais aussi les bijoux. Le mariage est en baisse et par là-même les ventes d’alliances, les fiançailles ne sont plus de mode et la vente de bagues a presque disparu.

Seul le grand luxe permet aux métiers de la joaillerie française de tenir une place très réduite au sein de notre société.

Désormais seuls des grands groupes internationaux permettent a nos ateliers de survivre, mais de par le « Luxe ».

In the Mood for Love : Pensez-vous vraiment qu’il existe des pierres maudites ?

Diamant le Hope
Le diamant  Hope

Personnellement je n’y crois pas, par exemple le Kohinnor était réputé porter malheur, depuis 1936 il est sur la couronne de la Reine d Angleterre et Elizabeth II a une solide santé.

Le rubis est censé porté malheur car il a la couleur du sang, celui de la Couronne pouvait se retrouver affublé de cette réputation, jusqu’à ce qu on s’aperçoive que c’était un grenat et non un rubis, Les émeraudes ont mauvaise réputation car elles sont fragiles tout simplement.

Dans l’histoire certaines pierres précieuses ont été l’enjeu de conflits parce qu’elles valaient très cher, les hommes se sont battus pour posséder les gemmes, certains sont morts , cela n’avait rien à voir avec la pierre.

Certains disent que certaines pierres peuvent guérir telle maladie, tel cancer, nous sommes dans le royaume du charlatanisme qui n ‘a rien à voir avec nos pierres précieuses, quoique certaines maladies psychosomatiques sont a prendre au sérieux mais les pierres précieuses ne sont pas responsables.

In the Mood for Love : Pourquoi la plupart des bijoux anciens ont-ils souvent un effet « noirci » au niveau du métal ?

Bijou reine Marina
Bijou de la reine Marina

Avant le platine et les alliages d’or gris les bijoux avaient une base en or rose et le serti de pierres précieuses se faisait sur une épaisseur supérieure en argent, L’argent s’oxydant beaucoup, il noircit, mais tout bon artisan peut lui redonner facilement sa couleur d’origine et son brillant.

In the Mood for Love : A votre avis, d’où vient la peur de l’opale ?

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En France elle est censée porter malheur mais en Angleterre elle porte bonheur.

En France, l’impératrice Eugénie se fit l’écho de la croyance et une superstition russe arriva jusqu’à ses oreilles par un mauvais conseiller, disant que l’opale avait le mauvais œil, c’est l’une des explications de l’origine de la superstition envers les opales, on l’a aussi rendue responsable de la peste noire tandis qu’en Asie, cette pierre symbolise l’espoir.

L’empereur Napoléon Ier donna à sa femme Joséphine une opale de feu appelée « l’incendie de Troie » tellement la couleur était intense, (cette pierre a disparu), mais Napoléon eut un accident avec son carrosse qui portait le nom d’Opale.

En revanche au moyen âge elle était censée procurer Beauté, Fortune, Bonheur, et être bénéfique pour la vue. Elle éloignait aussi le mauvais œil.

Nous retrouvons aussi ces superstitions au niveau Impérial et Royal.

Autant la Reine Victoria faisait la promotion des Opales australiennes, autant l’impératrice Eugénie craignait cette gemme.

Le nom opale vient du Latin « opalus », au travers du Grec « opalios », lui même venant du Sanskrit « upala » voulant dire pierre précieuse. Les Romains appréciaient l’opale comme symbole de pureté et d’espoir et croyaient qu’elle protégeait des épidémies

L’opale blanche est le symbole de la tendresse amoureuse, de la pureté des sentiments, de la confiance partagée et surtout de la fidélité. Elle favorise le sommeil, les rêves amoureux et l’intuition.

Pline raconte que Nonius préféra quitter Rome et sa richesse, sacrifiant sa charge et sa fortune, que de céder son opale.

En réalité, comme aussi l’émeraude , toutes les pierres tendres et fragiles sont censées porter malheur, les lapidaires, les joailliers, les sertisseurs étaient pénalisés s’ils cassaient une pierre, alors ….la poisse, la scoumoune, tout leur faisait penser que ces pierres étaient associées à leur malchance, ils en parlaient à leurs clients, et tout cela faisait la mauvaise réputation de ces pierres, entre autres de l’Opale, car les clients aussi, s’ils cassaient leur pierre, par manque de soins ou de précautions pensaient que tout allait mal parce qu’ils avaient cassé leur pierre.

 

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