Interview Jérôme Robart

Jérôme Robart

Interview Jérôme Robart

A notre plus grand regret, France 2 a fait le choix d’interrompre la série historique Nicolas Le Floch.

Cette série qui évolue dans un contexte libertin, avait marqué le petit écran depuis les années 2000, et séduit les amoureux du XVIIIe, des intrigues de la cour et des énigmes policières.

Les fans de romance historique n’ont pu manquer ces histoires de caractère, truffées d’informations et admirablement interprétées par des acteurs de talents.

Qui de mieux pour incarner le héros, breton et pugnace, que Jérôme Robart, qui, de par sa prestation exceptionnelle, a su révéler toute l’ampleur du personnage, sans demi-mesure. Un acteur amoureux et respectueux des femmes, derrière lequel se cache un homme engagé pour l’écologie et le respect des animaux.

C’est bien volontiers que Jérôme Robart s’est prêté au jeu des questions pour le blog, afin de nous éclairer sur le héros, la série, et les coulisses…


In the mood for Love : Pour vous, quel trait de caractère est-il le plus important de faire ressortir en tant qu’acteur pour interpréter le personnage de Nicolas le Floch ?

Nicholas le Floch s’apparente pour moi à un limier, à un chien de chasse après une proie. Donc le trait de caractère qui me paraît le plus important dans la personnalité du héros est l’obstination, et ce, malgré les rappels à l’ordre de ses supérieurs. Je me suis servi énormément de cette idée-là dans un premier temps. Ça a été ma base dès les premiers moments où j’ai été en contact avec ce rôle.

In the mood for Love : Vous êtes-vous documenté historiquement pour ce rôle ?

J’étais déjà imprégné par cet environnement historique grâce au théâtre, par Marivaux.

Mais ça a été aussi progressif, au fur et à mesure des saisons. Les autres acteurs et moi nous sommes baignés dans cette époque. Et puis ce qui est vraiment utile pour un acteur, par exemple, ce sont les costumes et la perception d’un lieu, d’une odeur de cheval, d’un bruit de sabot, d’un mur travaillé différemment d’actuellement. On recherche des fenêtres qui nous font croire qu’on est dans l’époque, plus que véritablement des connaissances d’historiens de l’époque. Ce ne sont pas ces connaissances qui vont vous faire savoir que telle chose à bien été dite, déjà parce qu’on le sent bien, ça a été retranscris, qu’il y a plein d’humains qui sont repassés sur un fait historique. Il y quelque chose du prosaïque qui a disparu. Quand on lit par exemple les écrits de Saint Simon, on voit bien que ça a été travaillé, retravaillé, que quelque chose de la vie a disparu et nous, on fait la vie, enfin on essaie de faire la vie.

In the mood for Love : Lisiez-vous déjà les livres de JF Parot ?

Non. Je ne connaissais pas Nicolas Le Floch avant de l’incarner.

In the mood for Love : Le vocabulaire et les expressions classiques ont-t-ils été difficiles à appréhender ?

Grâce à mon expérience théâtrale, non.

In the mood for Love : Saviez-vous déjà monter ou avez-vous dû prendre des cours d’équitation ? Pratiquiez-vous déjà l’escrime ? Les combats à l’épée ont-ils représenté un défi pour vous ?

A conservatoire, nous avions six heures d’escrime par semaine et des stages d’équitation. J’ai adoré faire ça ! On peut dire que tout ça a fait que, lorsque j’ai rencontré ce personnage-là de Nicolas Le Floch, j’étais prêt pour l’interpréter. En ce qui concerne l’escrime, la première saison, j’ai été doublé. J’étais fou ! Comme j’ai été informé que j’interprèterais le personnage de Le Floch seulement dix jours avant le début de la première saison, il était donc extrêmement difficile pour moi de le préparer, je devais m’appuyer sur mes acquis. Je ne savais pas forcément que je pouvais faire de l’escrime. En revanche, je leur ai dit pour la deuxième saison que ce serait moi qui ferais les scènes. Ensuite, à chaque fois et pour chaque saison, je me préparais un peu plus en escrime pour, à la fin, me sentir totalement à l’aise là-dedans. Les autres saisons, pour l’ensemble des scènes, quelles qu’elles soient, équitation ou escrime, je ne suis plus doublé excepté quand une scène représente un vrai danger comme une grande chute.

In the mood for Love : Qu’avez-vous préféré en tant qu’interprète du héros ? (Les scènes de combat, les changements de décor d’un épisode à l’autre…)

Les changements de décor ne me plaisent pas spécialement. Les scènes de combat en revanche me plaisent beaucoup parce qu’il y a l’idée d’un travail. Et j’ai dû travailler à chaque fois avec Michel Cariès et avec mes partenaires. C’était à chaque fois beaucoup de travail pour peu de temps de tournage mais c’était toujours très convivial. Bosser les combats, moi j’adore. Ce qui va le plus me plaire dans Nicolas Le Floch, ce sont les rencontres avec des acteurs, dans le jeu. De voir des acteurs se coltiner avec ce langage-là, leur répondre, c’est extrêmement plaisant. Et puis voilà, il y a les rencontres d’acteurs, d’actrices, être habillé comme des princes et des princesses, et puis, c’est magnifique d’avoir tout le travail des gens sur soi-même, de le mettre en valeur, d’être mis en valeur par leur travail.

In the mood for Love : Pouviez-vous facilement vous mouvoir ?

Ce sont des costumes qui sont faits sur mesure, et qui donc collent à la peau, et collent à chaque jointure du corps. Ils respectent la morphologie. Ils sont très bien faits. On est à la fois tenu et ils épousent parfaitement le corps. Pour les femmes, c’est plus compliqué, elles ont des corsets, c’est extrêmement violent pour le corps, même si pour les actrices on ne les serrait pas complètement comme les femmes de l’époque, elles pouvaient avoir de léger malaises. C’est extrêmement éprouvant pour les femmes. On peut même imaginer au niveau de l’hygiène, pour une femme, avec tous ces arceaux, c’est très complexe, ça laisse penser qu’elles ne devaient pas être très propres.

 

In the mood for Love : Pensez-vous que la série aurait-eu autant de succès sans son côté libertin et sans une histoire d’amour entre le héros et une duchesse désargentée puis une comtesse ?

Non. En fait ces deux femmes sont extrêmement importantes parce qu’elles parlent de la vie privée de l’enquêteur. J’ai souvent exprimé ce que l’on voit dans les romans et pas dans la série, car la série privilégie l’enquête. Et ces femmes permettent de montrer la vie privée de l’enquêteur. Je pense que souvent on est plus lassé de l’enquête et on a plus envie de voir la vie privée de l’enquêteur qui est plus aventureuse. Donc ces femmes sont extrêmement importantes. Et puis les deux actrices sont superbes. Que ce soit Vimala Pons ou Norah Lehembre.

In the mood for Love : Une telle série doit créer des liens. Gardez-vous contact avec des acteurs de la série en dehors des tournages ?

Oui, il y a des acteurs que je revois et puis on peut aussi tomber amoureux d’une de ses partenaires…

In the mood for Love : Vous êtes le visage de Nicolas le Floch. De fait, recherchez-vous en dehors de la série, des rôles toujours dans la même veine historique ou au contraire, des rôles plutôt à contre-courant ?

Je pense qu’il est important pour moi de m’inventer d’autres personnages que Nicolas Le Floch, en tant qu’acteur, c’est très important qu’on arrête de m’imaginer avec un cheval derrière moi. Je souhaite retrouver un personnage aussi fort que Nicolas Le Floch. Mon fils me dit : Attention au syndrome Luc Skywalker. La série s’est arrêtée, et je sens que les gens ne le savent pas forcément. C’est important que je communique pour dire aux gens en général mais aussi aux gens de la profession « c’est fini ! », faites-moi jouer autre chose. Faites-moi jouer des bandits, faites-moi jouer des méchants, donc j’aurais plutôt tendance à aller vers d’autres personnages.

In the mood for Love : Quel serait votre rêve ?

Je rêve de jouer des choses beaucoup plus simples. Je rêve d’histoires d’amour simples, d’histoire d’un papa. D’histoire d’un peintre. Soyons fou ! Je dis un truc complètement dingue : incarner Picasso ! Mais c’est difficile pour un acteur de rêver à des rôles parce qu’on est toujours tributaire du désir d’autrui et rêver à des rôles sans avoir le désir d’autrui, ça peut être beaucoup de souffrance, en fait, et on est un peu dans l’attente de la projection qu’une autre personne va faire sur nous. Par exemple, j’aimerais beaucoup rejouer au théâtre. Ça fait presque dix ans que je ne suis par remonté sur les planches. Voilà, depuis que j’ai commencé à faire de la télé, je me suis un peu éloigné de ce monde-là. Rien n’est jamais acquis. J’espère ré-avoir ce plaisir de monter sur les planches, que la pièce soit comique ou classique.

In the mood for Love : Décrivez-vous en trois mots ?

Rêveur, fidèle à moi-même, généreux.

In the mood for Love : Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Je travaille sur un projet de pièce de théâtre. Alors, c’est une pièce que j’ai écrite dans un premier temps avec une vieille dame et que je suis en train de finaliser. C’est la rencontre d’une vieille dame au bord de la mort et d’un homme désabusé. Ce dernier n’arrive plus à puiser les trésors de l’existence alors que la vieille dame arrive encore à s’émerveiller de tout.

La pièce doit être lue et doit plaire. Ensuite, je dois trouver un acteur et une actrice pour la jouer. C’est plein de paramètres. Je n’ai pas l’âge du rôle. L’homme doit avoir plus de dix ans de plus que moi. Je souhaite la mettre en scène.

Je travaille sur une autre série de France 2 : Cain. Une histoire de flics.

 

One comment

  1. Quelle erreur de la part de France Télévisions de ne pas diffuser la dernière série ! Nous sommes nombreux, et pas seulement dans l’hexagone, à être fan et pour une fois il s’agit d’une série française avec un intrigue qui tient la route, c’est un travail de qualité tant sur le plan de la reconstitution historique que du jeu des acteurs. Un vrai gâchis de ne pas la diffuser.

     

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