Interview Agathe Kerlan

 Interview Agathe Kerlan

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Agathe Kerlan - Une audacieuse lady      HQN_LAMANTDESHAUTESMERS - Agathe Kerlan

Agathe Kerlan compte parmi les rares écrivains de romance historique françaises.

Son deuxième livre est une romance qui mêle aventure, piraterie et faste de Versailles. Il s’intitule « L’Amant des hautes mers », et sort chez HQN pour cette rentrée 2016.

Nous avons eu le plaisir de le lire et nous avons été séduites par ce récit plein de rebondissements et de fraîcheur, avec des dialogues plein d’humour.

Nous en avons profité pour en savoir un peu plus sur l’auteure et ses écrits…

 

In the Mood for Love:  Nous avions lu votre premier livre, « Une audacieuse Lady » édité chez HQN. Nous venons de lire « L’Amant des hautes mers » toujours chez HQN, alors pourquoi un nouvel opus avec des pirates ?

En 2010, j’avais planifié la création d’une série intitulée « Amours et Piraterie » ou « Pirates amoureux », composée de quatre livres. Ce deuxième tome appartient également à cette série.

ITMFL : Sont-ils tous édités ?

Les deux premiers sont édités, les deux derniers attendent tranquillement. En fait, ils ont été écrits à l’envers. Le premier roman rédigé en 2010 est en réalité le dernier de la série.

ITMFL : Pouvez-vous nous en parler ? Qu’est-ce qui distingue ces quatre tomes ?

De nombreuses caractéristiques diffèrent : les lieux géographiques, les époques, les caractères des héros, leurs histoires, leur apparence physique, leurs profils.

Le seul point en commun, de tous ces livres sur les pirates, c’est que toutes les héroïnes portent des noms de fleurs (Iris, Capucine, Églantine, Jasmine et Rose) et qu’aux antipodes de la douceur qu’évoquent leurs prénoms, elles ont des caractères assez forts.

Au niveau de la trame, ils diffèrent tous :

Le premier livre est basée sur une chasse au pirate.

Le deuxième sur une chasse au trésor.

Dans le troisième, le pirate est une femme et elle chasse un meurtrier.

Quant au le quatrième, qui est mon préféré et aussi le premier que j’ai écrit en 2010, il s’agit d’une bande de pirates masqués qui sont des justiciers et appartiennent à un Ordre regroupant plusieurs pirates internationaux de renom. Le livre est bouclé depuis des années et c’est mon chouchou, c’est pourquoi je souhaitais l’éditer en dernier.

ITMFL : Vous n’écrivez que sur des pirates ?

J’affectionne beaucoup les pirates, c’est une évidence. Venant de Bretagne, forcément, je suis sensible à tout ce qui touche aux corsaires et à la piraterie. Sans compter que Pirates des Caraïbes a  enfoncé le clou !

Mais ce ne sont pas mes seuls manuscrits. J’ai aussi écrit d’autres trames de romances qui attendent patiemment d’être développées et qui n’ont strictement rien à voir avec cet univers. Les romances se passent à Paris et en Angleterre cette fois et toujours avec une double intrigue, qui mêle enquête et vengeance.

ITMFL : Qu’est-ce qui vous caractérise ? Qu’est-ce qui est votre marque de fabrique ?

L’idée de vengeance, par esprit de justice, me séduit beaucoup. C’est même mon thème de prédilection. J’aime cette idée de double vie : que l’on peut être un homme ou une femme de qualité, avec des principes moraux, et que pour X raisons valables, et surtout dans le but de servir ces principes moraux, l’on peut devenir quelqu’un qui passe de l’autre côté de la barrière car les événements et la vie nous y contraignent, mais que l’on reste quelqu’un avec des valeurs morales.

Être un mauvais garçon parce que la fin en justifie les moyens et que cette fin est bien entendu morale. Bien que bandit, le héros ou l’héroïne œuvre au final pour le bien.

ITMFL : Parlez-nous de ce nouveau livre « L’amant des hautes mers » chez HQN. Il est original, en deux parties. Deux livres en un ?

En effet, le récit est divisé en deux parties : la première se passe dans l’océan indien, la seconde à Versailles. C’est la même histoire, mais le héros va être amené à changer d’univers et passer de la piraterie dans un environnement exotique, à l’univers poudré, parfumé et sophistiqué de Versailles.

ITMFL : Alors, décrivez-nous ces héros !

Le héros est un homme bien, droit, rangé, héritier d’un marquis qui va voir sa vie basculer en quelques heures à la mort de son père : il va tout perdre, y compris sa sœur et ne va recevoir en héritage qu’un rafiot au Havre et un mystérieux cryptogramme.

Comme il a juré de ne pas toucher à un cheveu de l’homme qui a détruit sa vie, il va kidnapper sa fille à la place pour se venger et partir à l’assaut de l’océan Indien à la recherche du trésor dont le cryptogramme indique l’emplacement.

Mais la jeune fille est bien décidée à obtenir sa liberté et lui voler son trésor. La deuxième partie du livre se passe en France. Et là, je ne dis plus rien !

ITMFL : Le cryptogramme de La buse a-t-il vraiment existé ?

Oui, c’est une histoire vraie à la base puisque le pirate La Buse aurait lancé au XVIIIe siècle son cryptogramme à la foule avant d’être pendu en s’écriant : « Mon trésor à qui saura comprendre ».

Son trésor encore à l’heure actuelle, est considéré comme le plus important butin de la piraterie jamais amassé et n’a jamais été retrouvé…Avis aux amateurs !

ITMFL : Quelles sont vos fleurs préférées ?

Les roses, mais je les aimes toutes.

ITMFL : Plutôt chien ou chat ?

Plutôt tout ! J’affectionne tous les animaux mais particulièrement les chats. Je m’occupe d’ailleurs de chats abandonnés.

ITMFL : Une musique ?

Des milliers ! Mais en ce moment, j’écoute en boucle le morceau Heart of Courage d’audiomachine (Two step from hell) en version longue. Il me donne des frissons ! Et Adèle Someone like You. Un peu de techno et beaucoup de musique classique aussi. Tout dépend des périodes.

ITMFL : Quelles sont vos écrivaines de romance préférées ?

Incontestablement Sabrina Jeffries, Kate Noble, Heather Snow, Julia Quinn, Suzanne Enoch, Alyssa Alexander, Katharine Ashe, Robyn DeHart, Julie-Anne Long, Lisa Kleypas...La liste est tellement longue ! Aujourd’hui, beaucoup d’écrivaines sont tellement talentueuses. Mais globalement, ces auteurs présentent les mêmes qualités d’écriture. Et ce sont ces qualités que je recherche dans une œuvre. Je trouve qu’elles sortent vraiment du lot. J’aimerais que mes romans égalent les leurs, c’est certain et je m’efforce d’écrire dans ce sens.

ITMFL : Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir vous-même écrivain ?

Oulala ! Il y a beaucoup de raisons, mais surtout trois principales.

Tout d’abord qui m’a donné envie de devenir écrivain : Agatha Christie, Daphné du Maurier, Sasha Guitry, Oscar Wilde, Jane Austen… La lecture et l’écriture ont toujours fait partie de ma vie. Mais il est vrai que je n’avais jamais osé franchir le cap.

Écrire un livre, c’est technique. Il ne faut pas seulement aimer écrire. J’ai donc dû travailler. Et je continue de travailler chaque jour m’améliorer.

Malheureusement, j’ai comme une loupe pour voir les défauts, dans tous les domaines, chez les autres, comme chez moi. C’est horrible. Et je ne me fais pas de cadeaux.

Quand c’est mauvais, j’efface tout, même si j’y ai passé un mois.  Pour mon premier livre, quand mon mari s’est endormi à la huitième page, j’ai compris et tout repris à zéro ! Pour un regard plus juste, je fais toujours lire ce que je rédige à un panel de personnes de mon entourage très éclectiques à l’esprit très critique. Car je suis consciente que le travail d’écrivain est un travail de continuité et qu’il reste toujours  des éléments à améliorer.

En second point, j’avoue aussi que ce qui a été déterminant pour me lancer, c’est qu’à un moment donné, en tant que lectrice, les œuvres du marché ne répondaient plus à mes attentes.

Je cherchais quelque chose d’à la fois très aventurier, voire exotique et glamour. Et malheureusement, peu de livres offraient ces options.

C’était l’un ou l’autre la plupart du temps. Et mis à part une poignée de livres, les pirates étaient unanimement présentés comme des capitaines assez rustres, parfois carrément mal dégrossis. Peu de livres les présentent autrement.

Ce n’est donc pas du tout humble d’avouer cela, mais c’est vrai, je me suis aussi mise  à écrire pour lire les histoires que j’avais envie de lire et que je ne trouvais pas en librairie. Quelque chose de différent.

Et en bavardant autour de moi, je m’aperçois que beaucoup de lecteurs, dans tous les domaines, ressentent la même choses, quelle que soit la catégorie des livres. L’offre est lacunaire par rapport à la demande des lecteurs qui évolue sans cesse.

On devrait faire des brainstorming avec les lecteurs ! Il y a de nombreuses demandes de lecteurs non assouvies par les écrivains dans tous les genres de littérature !

En dernier point, si je me suis mise à écrire, c’est aussi parce que je trouvais qu’en dehors des dates, de la description du château et des robes, les informations historiques étaient anémiques dans les romances historiques que je lisais.

Or, j’aime les détails qui vous relient à l’histoire. Les détails scénographiques, les coutumes du quotidien, etc…pour moi, ce critère est déterminant pour qualifier une romance d’historique.

ITMFL : Quelle est la période historique que vous préférez ?

XVIIIe à début XXe.

ITMFL : Un met ou un plat préféré ?

Des fraises !

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